Interview de Karim Medjad, professeur du Cnam

Négoce international et Supply Chain 2

Containers

23 février 2021

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Joseph Lecoeur
joseph.lecoeur@lecnam.net
Le master Mondialisation appliquée ouvre au second semestre une nouvelle unité d’enseignement dédiée au négoce international et à la Supply Chain (gestion de la chaîne logistique). La crise sanitaire que nous vivons a montré combien cette expertise était nécessaire pour remédier aux conséquences de la délocalisation massive des sites de production, notamment vers les pays d’Asie. Karim Medjad, responsable du M2, nous éclaire sur les enjeux de ce nouvel enseignement.

Pour commencer, pouvez-vous nous donner les grandes lignes des thèmes qui seront abordés dans la nouvelle UE Négoce international et Supply Chain 2 ?

  • L’objectif est d’approfondir les fondamentaux du module 1 (Négoce international et Supply Chain 1) au travers d’un cas concret qui permettra de développer une vision globale en traitant la totalité des aspects d’une opération internationale. Le cours est également organisé de façon à développer en parallèle des compétences générales (soft kills) de présentation orale dans un environnement professionnel.

L'UE Négoce international et Supply Chain 2 vient donc s'ajouter à celle qui existait déjà. Pourquoi avez-vous jugé nécessaire de lui donner une petite sœur ? Et pourquoi maintenant ?

  • Cet approfondissement est le résultat d’une demande des auditeurs qui estimaient – à juste titre – qu’un seul enseignement tourné sur l’import-export était insuffisant. Le commerce international a considérablement évolué ces dernières années, et il n’est plus possible d’en traiter toutes les facettes en un semestre. L’approche à 360° d’un cas pratique permettra de le faire en incluant les dimensions les plus techniques, par exemple en matière douanière.

Quels sont les besoins du secteur aujourd'hui, en pleine crise sanitaire, et en quoi ce nouvel enseignement leur apporte-t-il des réponses ?

  • Les épisodes de pénurie de masques et de respirateurs que nous avons subis nous ont permis de mesurer les tensions et les enjeux actuels de la Supply Chain, domaine éminemment stratégique, mais qui demeure une boîte noire pour le grand public. Concrètement, nous subissons un retour de bâton des délocalisations, dans un monde traversé par des tentations protectionnistes et caractérisé par une sur-réglementation des échanges. Toutes ces tendances contribuent à une complexification croissante des flux internationaux, qui génère des besoins accrus d’expertise, en quantité et en qualité, dans le domaine de la Supply Chain ou gestion de la chaîne logistique.

Cette nouvelle UE s'adresse-t-elle seulement aux élèves qui ont intégré le master Mondialisation appliquée ?

  • Non, elle est disponible à la carte, tout comme la quasi-totalité des UE du master. L’équipe de notre master est très attachée à cette flexibilité « cnamienne », et nous veillons à la préserver. Ceci dit, cette UE ne sera ouverte qu’à celles et ceux qui auront suivi le module précédent – lui aussi disponible à la carte - sauf en cas d’expérience professionnelle avérée dans le domaine de la Supply Chain.

Dernière question : selon vous, notre conception de la mondialisation, thème central de votre master, doit-elle se réformer après le cataclysme que nous venons de vivre, et qui n'est malheureusement pas encore derrière nous ?

  • Cette crise a permis à toute le monde de comprendre que l’inconcevable devait lui aussi se planifier. Cela signifie qu’il importe de développer une vision prospective du monde, car ce sont les réflexions sur le très long terme qui permettent d’ouvrir le champ des possibles. Nous y avons répondu en reconfigurant le module « Pratiques de la mondialisation » autour d’un dispositif "d'études futures". Ce module - le plus important en volume du master 2 - est le seul à être réservé aux élèves du master, car il nécessite un groupe de taille réduite. Nous traitons chaque année d’une question différente. Cette année, par exemple, nous avons travaillé sur la transposition des logiques économiques et politiques de mondialisation à l’espace extra-atmosphérique.
Propos recueillis par Laurent Ibri.
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