Responsable : Yvon Pesqueux

L'équipe pédagogique Organisation : Philippe Baumard, Mohamed Bayad, Hervé Colas, Pascale De Rozario, Frédérique Even-Horellou, Sylvie Faucheux, Anne Marchais-Roubelat, Sonny Perseil, Yvon Pesqueux

Objectifs et enjeux, mention organisation et gouvernance du développement durable

Le caractère unique de cette mention est lié à son ancrage dans des Sciences Humaines et Sociales et sa pluridisciplinarité. La plupart des mentions existantes en sciences de l’environnement relèvent du champ des sciences exactes et intègrent rarement l’organisation, l’économie et les sciences de gestion.

Cette mention vise à former des dirigeants, des cadres, des responsables de secteur, des logisticiens et des consultants en organisation innovants dans l’élaboration, l’incitation, la conduite, la réalisation, le management et l’organisation issus de projets de gestion de l’environnement. Plus largement elle oeuvre à la mise en œuvre du développement durable, à travers les organisations : les start-ups, les PME et TPE, les institutions publiques, les secteurs et les métiers.

Avec la gestion de l’environnement se pose la question de revoir les manières d’exploiter les matières premières, de produire et transformer, de consommer, de travailler et de redistribuer. Il s’agit de faire que la gouvernance des chaînes globales de valeur (CGV) de l’ensemble des industries et des services soit plus responsable à tous les niveaux, mondiaux comme territoriaux, et de s’acheminer vers un développement plus durable.

Notre expérience des demandes de professionnels qui s’adressent au Cnam et l’analyse des enquêtes sur les métiers et emplois exercés, démontrent que les entreprises de quasiment tous les secteurs économiques, mais également les collectivités territoriales, les institutions nationales, européennes et internationales ou encore les banques et les assurances recherchent des experts, des cadres et des dirigeants capables d’anticiper, de s’adapter et d’évoluer au niveau international face à cette mutation vers une économie plus écologique. Cette mutation implique un bouleversement de tous les secteurs d’activité. Il n’y a donc pas de « métiers verts » dédiés, mais une transformation de l’ensemble des métiers, des organisations, des modes de production et des services.

Cette mention traite de ces enjeux, à la fois, des points de vie scientifiques et techniques, comme cela est le cas dans la plupart des Masters relevant de la gestion de l’environnement, ET elle intègre de plus, ce qui est innovant par rapport aux offres certifiantes actuelles, des perspectives économiques, sociales, organisationnelles et politiques (nécessaires dans le cadre de la gestion de filiales à l’étranger et plus largement du comportement des FMN, firmes multinationales).

En formant des managers capables d’analyser, d’anticiper et de mettre en œuvre des politiques publiques et des stratégies d’entreprises optimisant les impacts de la transition vers le développement durable, cette mention offre également des réponses à des préoccupations nationales.

Citons à cet effet, à titre d’illustration, le rapport (datant de novembre 2014) du Cereq intitulé « La prise en compte des mutations induites par la transition écologique dans les formations professionnelles initiales », réalisé à la demande du Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie.

Un positionnement transversal et collaboratif

Á Etant donné le caractère transversal et pluridisciplinaire de sa problématique, la mention « gestion de l’environnement » travaille de manière collaborative et transversale.

Á L’effet catalyseur de la R&D est prégnant dans les enseignements dispensés par cette mention. En effet, les secteurs concernés évoluent rapidement et les retombées régulières de la R&D continuent sans cesse à faire émerger des nouvelles activités. Il s’agit de faire preuve d’anticipation et d’adaptation en diffusant rapidement ces résultats de R&D.

Á C’est pourquoi cette mention est liée à la recherche académique (ou en laboratoire) ET à la R&D des partenaires d’entreprises issues de différents secteurs clés (smart grids, éco-quartiers, éco-construction, facilities, mobilité, OID, Organisation innovante et durable, etc.).

Á Cette mention s’inscrit dans les principes d’innovation pédagogique du CNAM pour répondre aux besoins massifs d’évolution des compétences dus à l’évolution des métiers dans le cadre de la transition vers le développement durable. Pour ce faire, cette mention et ses spécialités recourent notamment à l’alternance (partenariat avec le CFA CNAM) et au distanciel (formations ‘hybrides’ dont MOOCs).

Á Cette mention a vocation à se développer au niveau européen et international compte-tenu de ses enjeux, de ses partenariats et de sa conception.

Ancrages dans des activités de recherche et des laboratoires

Cette mention et ses deux premiers parcours se positionnent en adéquation avec les axes de recherche opérationnelle et académique de ses porteurs et d’autres chercheurs de deux laboratoires du Cnam, le LIRSA (Laboratoire interdisciplinaire de recherche sur les sciences de l’action, l’EA4603) et l’Umr Cnrs 3320 LISE (Laboratoire interdisciplinaire de sociologie économique) :

q Le Pr. Mohamed BAYAD a fondé et assumé la responsabilité de nombreux masters dont le Master «Entrepreneuriat et développement des PME »). La recherche de terrain qu’il pratique l’amène à participer et à animer des structures d’appui et d’accompagnement en entrepreneuriat et en TPE, notamment avec les incubateurs d’entreprises, dans le cadre de politiques intraprenariales ou pour l’accompagnement d’entreprises qui souhaitent une création d’activité à l’étranger (FDI par exemple). Il est actuellement responsable national du Mastère Spécialisé (CGE) « Accompagnateur d’Entrepreneurs et de Dirigeants de Petites Organisations » et du MOOC « Désir d’entreprendre » du CNAM.

q La Pr Sylvie FAUCHEUX conduit des recherches académiques et appliquée sur l’organisation et le management des smart cities au niveau international, la mobilité intelligente et durable au regard de deux grands axes : l’attente des usagers et la transformation des métiers et des compétences associées ainsi que les nouveaux modèles d’affaires et de « valeur partagée » à mettre en œuvre, notamment en lien avec le pôle de compétitivité MOVEO/Vedecom et l’Open Lab de Bibendum Michelin). Sont également en jeu les « bonnes pratiques, méthodes, outils et indicateurs de RSE applicables à une démarche de transition vers des logements sociaux économiquement viables et exemplaires en matière écologique et de cohésion sociale, l’innovation responsable et l’éco-innovation au niveau européen et international en constituent des éléments clés. .Elle est l’éditrice de l’International Journal of Sustainable Development (IJSD) et assure également une prospective en développement durable via son blog, prospective basée sur un modèle de gouvernance participative mis au point par plusieurs économistes de l’environnement à ses côtés.

q Le Pr Yvon PESQUEUX représente à travers la Chaire d’Organisation des Systèmes d’Information du CNAM les nouveaux courants critiques sur les théories classiques et positivistes des organisations qui omettent la plupart du temps les questions de biodiversité interne et externe aux réseaux organisationnels (voir le concept d’OID, Organisation innovante et durable). Un socle éditorial exhaustif et international en épistémologie et théories des organisations lui permet de travailler en équipe sur le frontiérisme et l’hybridation des organisations et sur les évolutions actuelles des concepts et thèmes organisationnels : les commons ou communs organisationnels, la critique post-coloniale du développement économique et les Critical Race Theories, l’économie et les réseaux inter-organisationnels informels, le green grabling (l’appropriation de l’environnement). Il s’agit de renouveler la gestion des organisations hybrides telles que le district, le cluster, l’écosystème d’affaires, le système productif localisé, le réseau territorialisé d’organisations, la méta-organisation. Ses travaux empiriques portent sur les smart cities du Sud. Il est éditeur de la revue internationale Society and Business Review.

q Pascale de ROZARIO est sociologue HDR en sciences de gestion (Umr Cnrs 3320 Lise) et conduit des recherches appliquées sur la multinationalisation des chaînes globales de valeur (CVM) et leurs comportements organisationnels en réseau, notamment sur les conséquences territoriales des choix d’offshoring (extraire, délocaliser, sous-traiter et distribuer hors du pays du siège social de la firme multinationale là où les avantages coût-bénéfices sont maximisés) sur les écosystèmes humains, organisationnels, institutionnels et environnementaux. Depuis 2014, elle dirige le Standing Track d’EURAM (European Academy of Management) sur les Responsible Global Value Chains et conduit un programme de recherche pluridisciplinaire et pluri-professionnel sur les conditions de durabilité et de responsabilité des firmes multinationales, qui peuvent être de grands groupes aux réseaux inter-organisationnels complexes gérés par une holding ou des TPE et PME faisant un choix d’organisation de leur activité à l’échelle mondiale, et non plus nationale. Elle enseigne les théories des organisations et dirige des thèses sur ces questions.